mercredi 7 juin 2017

LAC DE CONSTANCE

La sérénité du lac de Constance

Le port de Lindau gardé par un lion et un phare

Le port de Lindau et son beffroi
Petite famille en promenade à Lindau

Enchâssé entre les Alpes et le Jura, le lac de Constance, Bodensee en allemand, se compose de trois plans d’eau bien distincts : le lac supérieur de Bregenz à Constance, le bras nord-ouest de Mainau à Überlinger et le lac inférieur au sud-ouest de Constance. Trois pays se le partagent, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. La majeure partie de son eau provient du Rhin, qui forme les superbes chutes de Schaffhouse, non loin de Constance, avant de poursuivre son cours majestueux vers la mer du Nord. Des stations d’épuration ont permis à ses eaux de recouvrer leur pureté originelle et de continuer à attirer adeptes des sports nautiques, baigneurs et plaisanciers. De vrais villages de cartes postales aux belles maisons médiévales à colombages ou ornées de fresques, souvent dominés par de puissantes forteresses, se blottissent tout autour du lac, dans une luxuriante végétation méditerranéenne profitant de la douceur de son climat. On y vit un peu hors du temps, hors du monde…

L’île bavaroise de Lindau
L’arrivée par le train depuis Zurich en empruntant l’un des deux seuls ponts reliant l’île à la berge est magique, tant on a l’impression de voguer sur l’eau. Le séjour en est si enchanteur que c’est là que les lauréats du prix Nobel ont choisi de se réunir chaque année. Le port, veillé par deux statues, et sa longue promenade le long des quais offrent une belle vue sur les Alpes et la rive autrichienne. Bien sûr, bistros et restaurants y sont légions, plus souvent italiens que bavarois ! En empruntant la rue principale depuis la gare, la Maximilianstrasse, on chemine entre quantité de belles maisons, la plus richement décorée étant l’Altès Rathaus, l’ancien hôtel de ville datant du XV è siècle, avant de croiser la pittoresque tour des Brigands. Dans l’église Saint-Pierre, on pourra admirer les seules fresques conservées de Hans Holbein l’Ancien.

Le charmant port de pêche de Wasserburg

Et ses étonnantes sculptures

En suivant la côte jusqu’à Meersburg
Il faut faire une halte dans l’ancien village de pêcheurs de Wasserburg pour apprécier son joli petit port, aujourd’hui de plaisance, son élégante église et ses surprenantes sculptures modernes représentant des mains offertes ou une carcasse de bateau. Ensuite, le bourg plus moderne de Friedrichshafen n’aura de charme que pour les passionnés d’aviation à cause de ses deux musées, l’un consacré à l’histoire des zeppelins, l’autre aux avions de l’ingénieur Claude Dornier.


L'entrée baroque du domaine de Salem

Son élégant château

Vierge à l'enfant dans l'abbatiale

En quittant les rives bleues du lac, on découvre l’abbaye et le château de Salem, à une quinzaine de kilomètres plus au nord. Cette ancienne abbaye cistercienne du XII è siècle, incendiée à la fin du XVII è siècle puis reconstruite à l’époque baroque, abrite aujourd’hui l’un des plus aristocratiques internats d’Allemagne dans une ambiance très oxfordienne. Rien n’y manque, ni l’élégant château, ni la profusion de bâtiments plantés dans un joli parc, ni l’élégante abbatiale gothique.


L'antique forteresse de Meersburg et la tour du roi Dagobert

Meersburg et le lac vus de la forteresse

Buste de la célèbre poétesse Annette Droste-Hülshoff
qui vécut et mourut en ce château

La chambre et le lit où elle mourut

Quant à Meersburg, ancien village de vignerons, il ne manque pas de charme avec ses vignes accrochées aux pentes de collines surplombant le lac et l’imposante silhouette de son vieux château fort dont l’origine remonterait au roi Dagobert, célèbre pour avoir mis sa culotte à l’envers ! La forteresse a échappé de peu au démantèlement prévu par l’Etat de Bade et propose toujours aux visiteurs une promenade dans ses quelques 28 salles retraçant la vie au Moyen-Âge. Trois pièces laissées telles quelles évoquent la vie et l’œuvre de la célèbre poétesse Annette Droste-Hülshoff, belle-sœur du propriétaire du château au XIX è siècle.


Le château neuf tout rosé sur tranche


Une tapisserie du grand salon

Meersburg et son château vus du ferry
L'élégant escalier d'honneur

Le château neuf, qui se dresse tout près de l’antique forteresse, tout rosé sur tranche dans le plus pur style baroque, est pourvu d’un majestueux escalier d’honneur décoré de statues et d’une collection de meubles et portraits du XVIII è siècle.

Constance, une enclave allemande en Suisse
Grâce aux ferries reliant tous les quarts d’heure Meersburg à Constance, on échappe aux routes souvent encombrées lors des week-ends. L’arrivée au port de Constance est surprenante, une statue de neuf mètres de haut accueillant les visiteurs. Jupe largement fendue et corsage très échancré, c’est une prostituée qui veille sur la ville, souvenir du concile qui s’y est tenu entre 1414 et 1418, les cardinaux ne parvenant pas à se mettre d’accord pour élire un nouveau pape. Pour les distraire, on fit venir dans la ville  de 7000 habitants 700 de ces belles dames qui permirent de mettre ainsi fin au grand schisme d’Occident. Les voies divines sont parfois bien impénétrables… Ce fut là aussi que fut brûlé vif le malheureux Jean Hus, recteur de l’université de Prague opposé au pouvoir papal et considéré comme hérétique. La vaste maison où se réunit le concile se dresse d’ailleurs juste derrière la statue de la prostituée !


Une prostituée patronne de la ville !

La maison du concile

Vieille porte de la ville dressée au bord du lac

La cathédrale

Fille-arbre

S’il ne reste guère de vestiges médiévaux, de nombreuses maisons baroques exhibent de jolies fresques, une vieille porte romantique se dresse au bord du lac et un grand pont relie les deux rives en permettant d’agréables flâneries près de l’eau. La cathédrale, ou münster, construite entre le XI è et le XVII è siècle, permet un vrai voyage dans le temps.

Deux îles de rêve
C’est de Constance que l’on gagne facilement deux autres îles du lac, celle de Mainau puis celle de Reichenau. La première, toujours propriété des Bernadotte, les souverains de Suède, abrite un immense parc botanique. Toutes les espèces possibles de pivoines y fleurissent majestueusement aux côtés de milliers de roses en ce tout début de juin. Le château et son église baroque du XVIII è siècle recèlent quantité de souvenirs de cette famille royale. Le mur soutenant la terrasse croule littéralement sous les roses…


Paon fleuri du parc de Mainau

Des fleurs et le lac

Un chemin d'eau fleuri

Île et château appartiennent toujours
aux Bernadotte

Le château des Bernadotte

La terrasse croule sous les roses

Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco pour ses églises, cette île n’a pas le charme de la précédente à cause des innombrables serres peu esthétiques qui y pullulent. Ce fut pourtant le plus ancien site chrétien d’Allemagne, le premier monastère bénédictin de l’île y ayant été fondé au VIII è siècle par l’évêque Pirmin. Il ne subsiste aujourd’hui que trois églises, celle de Saint-Georges datant du IX è siècle dans le village d’Oberzell, hélas presque toujours fermée, l’abbatiale Sainte-Marie et Saint-Marc à Mittelzel et l’église Saint-Pierre et Saint-Paul à l’extrémité de l’île, à Niderzell, tardivement « baroquisée ».
Eglise Sainte-Marie et Saint-Marc
dans l'île de Reichenau

Pieta de cette église

Abbatiale Saint-Marc et saint-Pierree

Du côté suisse
Si elles ne sont ni très larges ni très hautes, les chutes du Rhin, à Schaffhouse, offrent un spectacle d’un romantisme certain et il aurait été plus que dommage de les détruire, comme il en fut question, pour faciliter la navigation fluviale. Le débit de 250 à 600m3 seconde suivant la saison est bien sûr impressionnant et les nombreux bateaux venant flirter avec les remous des chutes ajoutent au spectacle. Surtout, la puissante forteresse de Munot, probablement construite selon les plans d’Albrecht Dürer, domine agréablement le site depuis un surplomb qui s’élève à 40 m au-dessus de l’eau.


Les chutes du Rhin à Schaffhouse, en Suisse

Dominées par la forteresse de Munot

Dans la vieille ville aussi abondent les façades peintes, la plus richement ornementée étant celle de la maison Zum Goldenen Ochsen. D’autres façades rococo bordent la Vordergasse, jusqu’à l’hôtel de ville du XV è siècle.

A Stein am Rhein, le délicieux cloître Saint-Georges

Le Rhin vu de ses jardins

Les splendides fresques de la salle de fêtes des abbés

Le musée Lindwurf

La forteresse de Schaffhouse

Mais rien n’égale le charme de l’adorable petite ville de Stein am Rhein, avec ses maisons multicolores à colombages, leurs pignons dentelés se reflétant dans les eaux vives du Rhin. Il faut errer dans le cloître bénédictin de Saint-Georges et son délicieux jardin, admirer son mobilier médiéval, sa salle de fête des appartements des abbés au somptueux dallage et ses trompe-l’œil du XV è siècle.

Le château d'Arenenberg où la reine Hortense vécut en exil avec ses fils

La romantique chapelle d'Arenenberg et sa vue sur le lac

La vue la plus saisissante sur le lac de Constance, on en jouit depuis le jardin du château d’Arenenberg, plutôt d’ailleurs villa que château. La bâtisse manque d’élégance et le jardin pourrait être plus soigné mais l’endroit est incomparable. Ce fut là qu’Hortense de Beauharnais, la reine Hortense, exilée de France après le désastre de Waterloo comme tous les membres de la famille Bonaparte, trouva refuge avec ses deux fils. Le second deviendra l’empereur Napoléon III mais sa mère mourut avant de le voir régner sur la France…

mercredi 24 mai 2017

LA ROSERAIE DE BAGATELLE

Le joli temps des roses 







Le joli mois de mai est aussi celui des roses et l’un de leur plus bel écrin à Paris est la roseraie de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne. Créée en 1905 par l’architecte-paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier cette roseraie constitue l’une des cinq plus belles collections de roses françaises. Elle compte 9500 plants de rosiers et quelques 1100 variétés. Chaque année, au mois de juin, s’y déroule un concours international de roses nouvelles. Constituée d’une alternance de parterres de roses délimités par des buis taillés ou de rosiers grimpants, cette magnifique roseraie où s’ébattent des paons faisant la roue pour séduire leurs belles s’étale devant les lignes pures et blanches de l’orangerie. Des bancs accueillent les visiteurs désireux de s’enivrer de toutes ces couleurs et ces parfums presque parisiens.











dimanche 21 mai 2017

BIZY A VERNON

La somptuosité de Bizy

La façade Nord ouvrant sur le parc à l'anglaise

Un étonnant catalpa plus que centenaire

Situé à Vernon, donc tout proche de Paris, le château de Bizy attire autant par le charme de son architecture pourtant très disparate, la beauté de son parc et ses innombrables fontaines conçues comme celles de Versailles.



Donnant sur la cour d'honneur, le bâtiment central est une réplique
du palais Albani, à Rome
La fontaine aux dauphins
Une élégante calèche
Le pédiluve pour les chevaux

Ce fut le duc de Belle-Isle, petit-fils du surintendant Fouquet, qui donna sa splendeur à Bizy, remplaçant peu à peu les modestes bâtiments du XIV è siècle par quatre corps de bâtiments grandioses, créant parc et jeux d’eau. Il y reçut Louis XV et sa favorite, Madame de Pompadour, conquise par le charme des lieux. Si bien que le maréchal légua le domaine au roi après la mort de son fils unique. Et le domaine finit par revenir au duc de Penthièvre, petit-fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui en fit sa principale résidence et continua de l’embellir. Comme le duc était très aimé à Vernon, Bizy traversa la Révolution sans trop de dommages jusqu’à sa mort en 1793. Le château et son domaine devinrent alors biens nationaux, le bâtiment central fut démoli, les arbres coupés, le parc laissé douze ans à l’abandon, jusqu’à leur acquisition par la duchesse d’Orléans, la mère du roi Louis-Philippe. Ce dernier y séjourna souvent, restaura les anciens bâtiments et créa un parc à l’anglaise. Ce ne fut pas pour autant la fin des innombrables changements de propriétaires que connut Bizy. Après l’abdication du roi des Français et la confiscation de ses biens, Bizy fut acheté par le baron Schikler qui chargea l’architecte William A. White de remplacer la partie centrale très endommagée par un somptueux édifice palladien, réplique du palais Albani, à Rome. Ce dernier légua le château à son neveu Louis Suchet, quatrième duc d’Albufera, et il est depuis lors demeuré dans cette famille et appartient encore aujourd’hui à ses descendants, qui achevèrent de fermer la cour d'honneur au XX è siècle. Entièrement pillé lors de la Seconde guerre mondiale, Bizy fut restauré à partir de 1993 et classé monument historique. On peut visiter tous les salons du rez-de-chaussée, les propriétaires habitant une aile et le premier étage.

Le grand salon aux précieuses boiseries
Un piano oeuvre d'art

La cage de l'escalier d'honneur

La salle à manger

Détail du service au roi sur une nappe brodée par la
maîtresse de maison

Le petit salon bleu

Château de Bizy, av enue du Mal de Lattre de Tassigny, 27200 Vernon, Tél. : 02 32 51 00 82.