mercredi 24 mai 2017

LA ROSERAIE DE BAGATELLE

Le joli temps des roses 







Le joli mois de mai est aussi celui des roses et l’un de leur plus bel écrin à Paris est la roseraie de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne. Créée en 1905 par l’architecte-paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier cette roseraie constitue l’une des cinq plus belles collections de roses françaises. Elle compte 9500 plants de rosiers et quelques 1100 variétés. Chaque année, au mois de juin, s’y déroule un concours international de roses nouvelles. Constituée d’une alternance de parterres de roses délimités par des buis taillés ou de rosiers grimpants, cette magnifique roseraie où s’ébattent des paons faisant la roue pour séduire leurs belles s’étale devant les lignes pures et blanches de l’orangerie. Des bancs accueillent les visiteurs désireux de s’enivrer de toutes ces couleurs et ces parfums presque parisiens.











dimanche 21 mai 2017

BIZY A VERNON

La somptuosité de Bizy

La façade Nord ouvrant sur le parc à l'anglaise

Un étonnant catalpa plus que centenaire

Situé à Vernon, donc tout proche de Paris, le château de Bizy attire autant par le charme de son architecture pourtant très disparate, la beauté de son parc et ses innombrables fontaines conçues comme celles de Versailles.



Donnant sur la cour d'honneur, le bâtiment central est une réplique
du palais Albani, à Rome
La fontaine aux dauphins
Une élégante calèche
Le pédiluve pour les chevaux

Ce fut le duc de Belle-Isle, petit-fils du surintendant Fouquet, qui donna sa splendeur à Bizy, remplaçant peu à peu les modestes bâtiments du XIV è siècle par quatre corps de bâtiments grandioses, créant parc et jeux d’eau. Il y reçut Louis XV et sa favorite, Madame de Pompadour, conquise par le charme des lieux. Si bien que le maréchal légua le domaine au roi après la mort de son fils unique. Et le domaine finit par revenir au duc de Penthièvre, petit-fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui en fit sa principale résidence et continua de l’embellir. Comme le duc était très aimé à Vernon, Bizy traversa la Révolution sans trop de dommages jusqu’à sa mort en 1793. Le château et son domaine devinrent alors biens nationaux, le bâtiment central fut démoli, les arbres coupés, le parc laissé douze ans à l’abandon, jusqu’à leur acquisition par la duchesse d’Orléans, la mère du roi Louis-Philippe. Ce dernier y séjourna souvent, restaura les anciens bâtiments et créa un parc à l’anglaise. Ce ne fut pas pour autant la fin des innombrables changements de propriétaires que connut Bizy. Après l’abdication du roi des Français et la confiscation de ses biens, Bizy fut acheté par le baron Schikler qui chargea l’architecte William A. White de remplacer la partie centrale très endommagée par un somptueux édifice palladien, réplique du palais Albani, à Rome. Ce dernier légua le château à son neveu Louis Suchet, quatrième duc d’Albufera, et il est depuis lors demeuré dans cette famille et appartient encore aujourd’hui à ses descendants, qui achevèrent de fermer la cour d'honneur au XX è siècle. Entièrement pillé lors de la Seconde guerre mondiale, Bizy fut restauré à partir de 1993 et classé monument historique. On peut visiter tous les salons du rez-de-chaussée, les propriétaires habitant une aile et le premier étage.

Le grand salon aux précieuses boiseries
Un piano oeuvre d'art

La cage de l'escalier d'honneur

La salle à manger

Détail du service au roi sur une nappe brodée par la
maîtresse de maison

Le petit salon bleu

Château de Bizy, av enue du Mal de Lattre de Tassigny, 27200 Vernon, Tél. : 02 32 51 00 82.


jeudi 18 mai 2017

GIEN ET SA REGION

Promenade dans le Giennois

La ville de Gien vue des bords de la Loire

Située à seulement 1h30 de Paris en train mais détruite à 90% lors de la Seconde guerre mondiale, puis bien reconstruite, dotée aujourd’hui de nouvelles places et d’un centre piétonnier, cette bourgade de 15 000 habitants alanguie au bord de la Loire et de ses célèbres canaux était renommée dès le XIX è siècle pour sa faïencerie, fondée en 1821.

Une faïencerie mêlant modernisme et tradition

Finition d'un couvercle

Préparation de vases avant la mise en couleur

Cette pièce peinte à la main sera signée

Vaisselle aux pivoines bleues

Connue dès le VIII è siècle au Moyen-Orient puis en Europe grâce à la ville italienne de Faenza qui lui donna son nom, la faïence, est une poterie de terre cuite émaillée ou vernissée. Moins chère et moins délicate que la porcelaine, moins fragile aussi quoique fort élégante, la faïence permit un art de la table raffiné à ceux qui ne pouvaient s’offrir les précieux services d’abord venus de Chine. Membre aujourd’hui du fameux Comité Colbert, la faïencerie de Gien respecte toujours les procédés traditionnels, avec moules en plâtre, emploi du sable, argile et kaolin et peinture des motifs souvent réalisée à la main. Le petit musée de la place de La Victoire, attenant à la fabrique, un peu exigu et qui devrait bientôt s’agrandir, abrite quelques unes des pièces les plus étonnantes produites ici. On peut sur demande visiter la fabrique, reprise depuis deux ans par Pascal d’Halluin, l’ex patron de Cacharel, et qui emploie toujours quelques 160 ouvriers. Les pièces les plus précieuses sont peintes à la main et signées, les autres sont obtenues à partir de motifs décalqués, mêlant style traditionnel tel le célèbre « Oiseau de paradis » ou les « Mille fleurs » à des créations plus moderne comme la collection « Indigo ». Des productions attractives sont proposées sur place aux visiteurs à des prix d’usine pour des pièces aux imperceptibles défauts.
Des pièces rares conservées au musée

La boutique de la faïencerie où l'on vend à des prix d'usine

Musée de la Faïencerie, 78, place de la victoire, 45 500 Gien et Tél. de la boutique : 02 38 05 21 05.

Le musée international de la chasse dans l’ancienne demeure d’Anne de Beaujeu

Le château-musée de Gien vu des bords de la Loire

Fille préférée de Louis XI et régente du royaume avec son mari pendant huit ans à la mort de son père, Anne de Beaujeu aimait ce séjour de Gien et sa forteresse de brique édifiée au bord de la Loire. Son château connut diverses fortunes, siège de la sous-préfecture du Loiret, puis tribunal et enfin prison avant que Pierre-Louis Duchartre, inspecteur des musées de France, n’en fasse un musée de la chasse en 1952. Il y rassembla de précieuses collections sur l’art de la chasse au vol, à courre et au tir, d’innombrables tapisseries, tableaux et gravures, sculptures et céramiques, armes, trompes et boutons de vénerie. Fermé pour y effectuer des travaux depuis 2012, le musée-château, admirablement rénové, a rouvert ses portes depuis avril dernier, présentant sur 2000 m2 des salles réaménagées et une muséographie interactive bien pensée pour les enfants.

Le château abritant le musée de la chasse

Un bronze altier de cerf

Tapisserie figurant une chasse au taureau sauvage

La salle des massacres

Château-musée de Gien, place du château, 45 500 Gien, Tél. : 02 38 67 69 69 et www.loiret.fr

Le Pont-Canal de Briare, une prouesse de la technologie

L'étonnant Pont-Canal de Briare

Un chemin d'eau pour passer la Loire
Halte gourmande dans cette ancienne maison éclusière

Qui dit Loiret dit bien sûr la Loire, ses canaux et ses écluses dont la plus célèbre est celle de Mantelor, à Châtillon-sur-Loire, classée aux Monuments historiques en 1978. On peut découvrir ce fleuve à vélo (400 km de pistes cyclables, se renseigner à l’Office de Tourisme de Gien Tél. : 02 38 67 25 28 et www.gien-tourisme.fr), à pied ou au fil de l’eau en louant une péniche ou en effectuant un circuit en bateau. Les bateaux touristiques à Briare, Tél. : 02 38 37 12 75 et les Passeurs de Loire, à Sigley, Tél. : 06 74 54 36 61 proposent de jolies promenades fluviales.
Construit entre 1890 et 1894, le Pont-Canal de Briare enjambe la Loire à neuf mètres de haut et permet aux péniches de rejoindre le canal latéral de la rive gauche à celui de Briare, sur la rive droite, sans encombrer le fleuve. Ce fut l’un des premiers canaux réalisé en acier doux, construit par les entreprises Daydé et Pillé pour la partie métallique et la société Eiffel pour la maçonnerie. Il est jalonné de colonnes richement sculptées rappelant celles du pont Alexandre III, à Paris. En empruntant cet extraordinaire pont-canal, on a l’impression de marcher au-dessus de l’eau, sur un chemin d’eau bordé de canaux. C’est féerique.

Hervé Roussel et ses créations chocolatières

Et pourquoi ne pas vous offrir ensuite une petite halte savoureuse chez Hervé Roussel, artisan chocolatier. Installé depuis douze ans dans cette maison éclusière du Pont-Canal de Briare, Hervé Roussel vous invite à déguster ses créations autour d’une bière à sa terrasse surplombant la Loire ou à acheter ses incomparables chocolats et macarons dans sa boutique. Tél. : 02 38 37 10 58.

Saint-Brisson et son tout jeune châtelain

Le château de Saint-Brisson ceint de douves sèches

Son métier : faire revivre les châteaux
Difficile de montrer plus d’enthousiasme et de passion que ne le fait ce tout jeune châtelain de 26 ans, Lancelot Guyot, propriétaire de Saint-Brisson depuis deux ans et l’ayant ouvert à la visite depuis seulement un an. Il a racheté à la commune de Saint-Brisson cette belle demeure du XII è, XVIII è et XIX è siècle ayant appartenu à la famille Ranst de Berchem et a fait le pari de la restaurer tout en la rendant rentable grâce à ses animations et à ses jeux énigmes, ainsi qu’à des parcours interactifs faisant de cette visite une expérience unique. Gérant de la société Tous au château, Lancelot Guyot gère également ceux de La Ferté Saint Aubin et de Beaumesnil, élégante demeure Louis XIII de style florentin, située dans l’Eure. Il a à cœur de faire aimer notre patrimoine, même à un jeune public.
www.tousauchâteau.com et Tel. : 802 575 282.
Et c’est bien sûr sous une tente dressée face aux douves sèches de Saint-Brisson que se sont réunis vignerons, artisans et pâtissiers du Loiret pour nous faire découvrir, lors d’un savoureux pique-nique, leurs meilleurs vins fruités des coteaux du Giennois, carpaccio de sanglier ou vérines aux fruits et gingembre.
Pour les vins : Domaine Poupat et Fils, www.domaine-poupat.fr et Tél. 02 38 31 39 76 et Jean-Claude et Cindy Mellot, www.coteauxdugiennois-jcmellot.com et Tél. : 02 38 38 02 97.
Pour les artisans pâtissiers du Loiret : www.facebook.com/loiretgourmand.
Si vous souhaitez goûter spécialités du Loiret, pas de meilleure table que celle du Grand Saint-Benoît, dans le village du même nom. Le chef Sébastien Arrondeau, une étoile au Michelin, vous fera découvrir sa cuisine à la fois moderne et créative.
Le Grand Saint benoît, 7, place Saint-André, 45730 Saint Benoît sur Loire, Tél. 02 38 35 1192.
Et si vous venez découvrir le Loiret en famille, choisissez un hébergement en mobil home ou en chalet au domaine du Bois du Bardelet, dont les petits apprécieront le parc aquatique. Le Petit Bardelet, Poilly-lez-Gien, 45 500 Gien, Tél. : 02 38 67 47 39 et www.bardelet.com.

Le château de La Bussière, placé sous le signe du poisson

Le château de La Bussière posé sur un étang

Comme posé sur son étang de six hectares, ce château de brique et pierre blanche se mire dans ses eaux claires. Plantée dans un parc de 60 h sans doute dessiné par Le Nôtre et abritant un jardin et un potager renommés, cette ancienne forteresse dut son essor et son opulence, sous Charles VII et Louis XI, à un président du Parlement, Jean du Tillet. Le château est depuis deux siècles la propriété de la famille Chasseval. Toute son originalité vient de son incroyable collection de poissons et articles de pêche rassemblée par Pierre-Louis Duchartre, encore lui, et vendue à la famille. A La Bussière, tout est en effet décoré sous le signe du poisson. Tableaux, gravures, porcelaines ou faïences, bibelots et objets sont voués au culte du poisson ou de la pêche, ce qui en fait un lieu aussi unique que poétique.
Château de La Bussière, Tél. 02 38 35 93 35.

La cour intérieure du château proprement dit

Le grnnd salon oeuvrant sur une véranda à la vénitienne


D'anciens poissons de manège pour décorer l'escalier

Une insolite collection de mouches
et hameçons

Tout le charme d'une cuisine à l'ancienne

Une citation de la Genèse pour accueillir
le visiteur au potager


mercredi 10 mai 2017

NORD VIETNAM

Le Nord Vietnam et la légendaire baie d’Halong

 
Petit pêcheur à Hanoï



Les distances se rétrécissant et Hanoï n’étant qu’à douze heures de vol de Paris, on peut morceler ses vacances et y aller sans fatigue pour une escapade exotique d’une semaine.

Hanoï, la capitale du Nord

Scène de rue à Hanoï

On mange dans la rue et à toute heure

Mariage à Hanoï, on pose en pleine rue

Au Vietnam, tout se passe dans la rue, perpétuel spectacle. Mais à Hanoï, il est d’abord affolant pour le promeneur occidental de se frayer un passage parmi la foule compacte de scooters fondant sur lui ! La seule façon de procéder pour traverser une rue sans dommage  est de marcher droit devant soi sans jamais s’arrêter. Avec un peu de chance, les deux roues parviendront à vous éviter ! Chaque engin est surchargé de sacs et ballots divers, de bambins ou de jeunes passagères assises en amazone, parfois revêtues de la longue tunique flottante et fendue que les Vietnamiennes portent encore pour les fêtes. On est tout de suite frappé par l’extrême jeunesse de la population dont 60% a moins de trente ans ! La plupart des passants ont le visage masqué par un foulard pour se défendre de la pollution, pas bien nocive pourtant, ou du soleil. Les élégantes portent même de longs gants protégeant leurs mains qu’elles veulent garder blanches.

Atelier de poteries à Hanoï

Etudiantes en ao daï

L'heure de la sieste dans une crèche

Moins marquée par son passé colonial que son homologue du Sud, Saïgon nommée maintenant Hô Chi Minh-Ville, Hanoï a pourtant gardé un petit air français dans le quartier des ambassades, au sud du lac Hoàn Kiêm, avec ses villas aux volets bleus et sa spectaculaire cathédrale Saint-Joseph, au style médiéval incongru ici. Ce qui fait le principale charme de la ville tient à ses grandes étendues d’eau. Elle comprend en effet deux lacs et le Fleuve Rouge que franchit l’antique pont français baptisé autrefois Paul-Doumer. Le principal lac, Hoàn Kiêm, est une paisible étendue d’eau rafraîchissante bordée de jardins et veillée par de hauts immeubles. C’est aussi le rendez-vous des amoureux et de la jeunesse de Hanoï. C’est délicieux de flâner sur ses berges ou de louer l’un de ces curieux pédalos en forme de cygne qui sillonnent ses eaux bleues en évitant les nombreux pêcheurs à la ligne. On peut ainsi se rendre sur l’île où se dresse un joli temple en forme de tour, la stûpa de Thap Rua. Un autre temple auquel on accède par un élégant pont de bois rouge a été construit au bord du lac, le temple Ngoc Son où se pressent les fidèles, car les Vietnamiens ont à présent retrouvé le chemin des temples et peuvent y prier librement. A deux pas du lac s’élève le théâtre des Marionnettes d’eau, un spectacle typiquement vietnamien à ne pas manquer. Des marionnettes actionnées par de longues perches évoluent sur l’eau, mimant les légendes et épopées vietnamiennes.

Sur la Rivière des Parfums

Boutique d'offrandes devant la grotte sacrée
de la Rivière des Parfums

C’est au nord du lac que commence le Quartier des 36 Corporations, le plus ancien de la ville, qui a gardé tout son cachet asiatique. Il est formé d’un incroyable lacis de ruelles enchevêtrées où il faut errer à pied. Il s’y concentre une multitude d’échoppes où l’on trouve de tout, où s’exercent tous les métiers, où l’on peut savourer dans la rue une excellente soupe vietnamienne à toute heure du jour ou de la nuit en choisissant soi-même les ingrédients à jeter dans la grande marmite pleine de bouillon. Dans ce quartier ont été construites les pittoresques maisons-tubes exhibant d’étroites façades bariolées d’à peine trois mètres de largeur pour une longueur de trente à quarante mètres, tout en béton, sans ouvertures. On paie ainsi moins d’impôt ! On n’est jamais agressé dans ces quartiers populaires où l’on flâne en toute sécurité, sans avoir à redouter les voleurs et les Vietnamiens, toujours souriants et aimables, ne semblent pas nous en vouloir le moins du monde des guerres d’autrefois.

Temples et mausolée


Vieille femme devant l'entrée du temple de
Thien Hau à Hanoï

Deux temples surtout font à juste titre la renommée d’Hanoï, celui des Lettrés et celui du Pilier Unique. Le premier, très vaste, pourvu d’un portique d’entrée et de deux cours intérieures, renferme de nombreux autels où les fidèles viennent brûler des baguettes d’encens. Il fut construit au XVIIè siècle pour honorer les Lettrés ayant brillamment réussi leurs examens, dont les noms et les titres universitaires sont mentionnés sur de nombreuses stèles de pierre plantées en terre comme dans un cimetière. Le second, minuscule, érigé sur un seul gros pilier comme son nom l’indique, entouré d’eau, fut édifié à la même époque par un roi désireux de s’assurer une descendance et ne renferme qu’un unique autel. Un autre haut lieu des pèlerinages vietnamiens est le mausolée de Hô Chi Minh, édifié sur l’immense place Ba Dinh où il proclama l’indépendance du pays le 2 septembre 1945. C’est un massif bloc sans grâce qui contient la dépouille embaumée du champion de l’indépendance vietnamienne, mais il faut patienter des heures avant d’y avoir accès. On peut aussi visiter la modeste maison sur pilotis qu’il habita entre 1958 et 1969.
La campagne environnante, toute plate, est ponctuée par le vert luxuriant des rizières où l’on voit les femmes repiquer ou récolter le riz et les pacifiques gros buffles noirs barboter dans la moindre mare. A une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la ville, deux villages d’artisans valent le détour et permettent de découvrir la vie rurale et les modestes maisons paysannes, en béton, ne comportant la plupart du temps qu’une seule pièce à tout faire où vit une famille entière. Celui de Vac s’est spécialisé dans la fabrique d’éventails et chaque famille y travaille. En papier joliment décoré, ils sont aussi parfois unis, de couleurs éclatantes, des motifs de fleurs ou de papillons étant obtenus en perçant le papier de multiples petits trous, un vrai travail de fourmi. Le second, celui de Van Phuc, se consacre au tissage et à la fabrication de vêtements de soie. Tout le village résonne du bruit des métiers à tisser installés dans l’unique pièce. De nombreuses échoppes s’ouvrent dans la rue principale et on trouve là de jolies tuniques, sacs et foulards à petits prix.
Jeune fille dans une maison traditionnelle

Une fabrique de lampions du
Quartier des Corporations

L’incomparable Baie d’Halong

La baie d'Halong et ses roches tourmentées


Même si l’on a vu d’innombrables clichés de cette célèbre baie immortalisée par le film Indo-Chine, son spectacle surprend toujours. La légende raconte qu’un dragon descendu des montagnes changea en pierres les génies marins voulant le combattre. Dans une eau turquoise aux innombrables anses troués de grottes se dressent en effet des milliers de rochers escarpés tombant à pic vers la mer, féerique spectacle. On atteint le rivage après environ une heure et demi de trajet dans un paysage un peu monotone. La meilleure façon d’explorer cette baie est de la sillonner en jonque, louée à la journée, à bord de laquelle on peut aussi dormir et déguster de délicieux repas de fruits de mer. Si on choisit de partir de la plus grande île de la baie, Cat Bà, on s’écarte des circuits officiels et l’on est seul au monde pour aborder les pittoresques maisons flottantes des éleveurs de poissons. Ceux-ci achètent des alevins qu’ils nourrissent dans de grands viviers et vivent dans de minuscules maisons de bois bâties sur l’eau. A Cat Bà, dont la moitié du territoire est occupée par un parc national où l’on trouve encore des singes à tête blanche, une espèce en voie de disparition, on embarque dans le petit port de Hai Phong où se pressent les élégantes jonques de bois. Les plus spacieuses comportent cuisine, toilettes et cabines, pont pour prendre des bains de soleil.


Faire son marché en baie d'Halong
Le village flottant de Vinh Lan Ha
en baie d'Halong

On peut se baigner toute l’année dans les eaux tranquilles de la baie, y faire du kayak ou accoster pour visiter les grottes. La plus spectaculaire est celle de Hang Sung Sôt, qui pousse loin sous une colline escarpée ses ramifications souterraines hérissées de stalactites. Classée patrimoine géologique de l’UNESCO, la baie d’Halong, avec ses quelques trois cents îlots granitiques d’une superficie totale de 1500 km2, est à présent protégée et c’est heureux, car on est épouvanté par le nombre d’hôtels et de karaokés poussés n’importe comment dans le port d’Along, qu’il vaut mieux ne découvrir que sur le chemin du retour, quand on a goûté pleinement à la paix de cette croisière inoubliable.







Un house boat de pêcheurs à Vinh Lan Ha

Enfants sur leur house boat